Qui paie lui-même sa place de coworking entend en général deux phrases : « ça se déduit » et « oui mais il y a le forfait télétravail ». Les deux sont à moitié vraies. Cet article place les trois voies – forfait journalier, bureau à domicile et coworking – côte à côte, avec les chiffres qui comptent vraiment, et répond à la question la plus fréquente : peut-on cumuler ?
Situation : 08/2026. Indications relatives au droit fiscal allemand. Sources en fin d'article.
Ce que « déductible » signifie vraiment
Commençons par le plus grand malentendu : déductible ne veut pas dire que l'administration vous rembourse le prix de votre bureau.
Les frais réduisent votre revenu imposable – le montant sur lequel l'impôt est calculé. Le résultat dépend de votre taux marginal. À 30 pour cent, 1 000 € de frais déduits représentent grossièrement 300 € d'impôt en moins, pas 1 000 €.
Le seuil qui compte en premier : 1 230 €
Presque tous les articles sautent ce point, qui décide pourtant si l'exercice en vaut la peine. Comme salarié, vous bénéficiez automatiquement d'un abattement de 1 230 € par an au titre des frais professionnels – sans le moindre justificatif (§ 9a EStG).
Autrement dit : ce n'est qu'au-delà de 1 230 € de frais professionnels totaux que rassembler des justificatifs produit un effet. Seul le montant *supérieur* à ce seuil agit. Bonne nouvelle pour le coworking : une place à quelques centaines d'euros par mois franchit ce seuil dès le premier trimestre.
Les trois voies comparées
Pour un poste de travail hors des locaux de l'entreprise, le droit fiscal allemand offre trois instruments. Ils ne s'excluent pas, mais ils n'agissent pas au même endroit.
| Voie | Ce qui compte | Plafond | Condition |
|---|---|---|---|
| Forfait télétravail journalier | 6 € par jour travaillé à la maison | 210 jours = 1 260 € par an | Ce jour-là, vous travaillez principalement dans votre logement. |
| Bureau à domicile dédié | Frais réels de la pièce ou forfait annuel de 1 260 € | Sans plafond avec les frais réels | Le bureau est le centre de toute votre activité professionnelle – depuis 2023, l'obstacle décisif. |
| Place de coworking | Les frais réels de l'abonnement | Aucun plafond | Payée par vous, motivée professionnellement et non remboursée par l'employeur en franchise d'impôt. |
§ 4 al. 5 phrase 1 n° 6b et 6c EStG ainsi que § 9 EStG. Situation : 08/2026.
La ligne du milieu explique pourquoi le bureau à domicile est écarté pour la plupart : qui dispose d'un poste chez son employeur n'a que rarement le « centre » de son activité à la maison. D'où le repli sur le forfait journalier – et le plafond de 1 260 €.
La question que tout le monde pose : peut-on cumuler ?
Oui – mais pas le même jour. La logique est journalière, donc plus simple qu'il n'y paraît.
- Un jour à la maison vous donne le forfait de 6 €.
- Un jour de coworking ne vous le donne pas, puisque vous n'avez pas travaillé principalement dans votre logement.
- Sur l'année, les deux postes figurent côte à côte dans la même déclaration : le forfait pour vos journées à domicile, les frais d'abonnement pour vos journées de coworking.
Travailler deux jours chez soi et deux jours en coworking ne fait donc rien perdre – on déclare simplement les deux. Le double emploi sur une même journée n'est pas possible, et personne ne l'essaie.
Deux exemples chiffrés
Avec les tarifs Innergarden actuels : un poste fixe (dedicated desk) à 419 € par mois représente 5 028 € par an. Un flex desk à 299 € par mois représente 3 588 € par an.
Les deux montants dépassent nettement l'abattement de 1 230 € – pour 3 588 €, environ 2 358 € produisent donc un effet supplémentaire, en l'absence d'autres frais professionnels. Et les deux dépassent ce que le forfait journalier permet au mieux.
Rappel : vous ne récupérez pas l'argent, vous réduisez votre revenu imposable. Le gain réel dépend de votre taux et de la reconnaissance au cas par cas. Tous les tarifs sont publiés sur la page des prix.
Pour les indépendants : charge déductible et TVA
Si vous êtes indépendant ou en profession libérale, les choses se simplifient. Aucun abattement à franchir d'abord.
Votre place de coworking est une charge d'exploitation au sens du § 4 al. 4 EStG : professionnellement motivée, donc intégralement déductible du bénéfice. L'abonnement passe simplement dans votre comptabilité.
S'y ajoute ce que les salariés n'ont pas : la TVA déductible au sens du § 15 UStG. Votre facture de coworking porte de la TVA et, si vous êtes au régime réel – donc hors franchise du § 19 UStG –, vous la récupérez via votre déclaration. Pour vous, le prix réel est le prix hors taxes.
Le piège que peu connaissent : le lieu de travail principal
Un moment d'attention s'impose ici, surtout si votre employeur veut encadrer la chose. S'il vous affecte durablement à l'espace de coworking comme lieu de travail, celui-ci peut devenir fiscalement votre « premier lieu d'activité ».
La conséquence ne porte pas sur l'abonnement, mais sur vos trajets : au lieu de frais de déplacement au réel, seul le forfait kilométrique pour le trajet simple s'applique – comme pour n'importe quel trajet vers le bureau. Que cela soit plus ou moins favorable dépend de la distance.
Les justificatifs à conserver
Les chances sont bonnes si vous payez la place vous-même, l'utilisez professionnellement, que votre employeur ne la rembourse pas en franchise d'impôt et que l'usage privé reste l'exception. Le reste tient à un classement propre.
- Contrat ou convention d'abonnement
- Factures mensuelles et preuves de paiement, par exemple relevés bancaires
- Historique de réservation ou d'utilisation – pour un flex desk, il joue le rôle de preuve que le contrat joue pour un poste fixe
- Si possible, une brève confirmation de l'employeur attestant que le télétravail est autorisé et la place non remboursée
- Une liste simple des jours passés à la maison et des jours passés en coworking – elle sert aussi au forfait journalier
Fiscalement, poste fixe et flex desk fonctionnent aussi bien l'un que l'autre. Le poste fixe se justifie un peu plus facilement puisqu'il vous est attribué durablement ; pour le flex desk, l'historique de réservation s'en charge.
La mention « Peut-être déductible des impôts »
Chez nous, cette mention figure sur certaines places. Elle rappelle l'essentiel : si vous payez vous-même et que vous y travaillez, les frais peuvent entrer dans votre déclaration. Le « peut-être » est volontaire – la reconnaissance dépend du cas, et votre conseiller fiscal la tranche en quelques minutes.
Questions fréquentes
Puis-je déduire le forfait télétravail et le coworking la même année ?
Oui. Pour les jours travaillés principalement chez vous, vous obtenez le forfait de 6 € (210 jours au maximum, soit 1 260 €). Pour les jours de coworking, vous ne l'obtenez pas, mais vous déduisez les frais réels de l'abonnement. Les deux figurent côte à côte dans la même déclaration – simplement pas pour le même jour.
Cela vaut-il seulement la peine de rassembler des justificatifs ?
Uniquement si vos frais professionnels totaux dépassent l'abattement de 1 230 €, qui vous est acquis de toute façon. Un abonnement de coworking franchit ce seuil en règle générale après quelques mois.
Le coworking est-il plafonné à 1 260 € comme le télétravail ?
Non. Le plafond de 1 260 € vaut pour le forfait télétravail journalier et pour le forfait annuel du bureau à domicile. Les frais de coworking sont des dépenses hors du logement et se déduisent pour leur montant réel s'ils sont professionnels et non remboursés.
Qu'en est-il pour les indépendants ?
Pour vous, la place de coworking est une charge d'exploitation au sens du § 4 al. 4 EStG et réduit intégralement le bénéfice – sans seuil d'abattement. Au régime réel, vous récupérez en plus la TVA au titre du § 15 UStG. Cela suppose une facture formellement correcte.
Que se passe-t-il si mon employeur paie la place ?
Vous ne pouvez alors pas la déduire vous-même, puisque vous n'en avez pas supporté le coût. Surveillez en revanche la manière dont le lieu de travail est décrit dans le contrat : une affectation durable peut faire de l'espace votre premier lieu d'activité et modifier le traitement de vos frais de trajet.
À retenir
Le forfait télétravail est commode, mais s'arrête à 1 260 €. Une place de coworking ne connaît pas cette limite : si vous la payez et l'utilisez pour votre travail, ce sont les frais réels qui comptent – et pour les indépendants s'y ajoute la TVA déductible. Rassemblez contrat, factures et une simple liste de journées, et le reste tient en une courte conversation avec votre conseiller.
Sources officielles
- § 9 EStG – frais professionnels →Norme de base des dépenses professionnelles des salariés.
- § 9a EStG – abattements forfaitaires →L'abattement salarié de 1 230 €. Consulté en 08/2026.
- § 4 EStG – charges, forfait journalier et bureau à domicile →Alinéa 5 phrase 1 n° 6b (bureau) et n° 6c (6 € par jour, 210 jours max.).
- § 15 UStG – déduction de la TVA →Pour les indépendants au régime réel.
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